Grande Rue à Thonon-les-Bains | Thonon Souvenirs
Crédit photos : Journal Le Dauphiné Libéré, Facebook « Thonon & Chablais autrefois – Patrimoine Photographique 1870-1970 ».
Histoire détaillée
La Grande Rue constitue l’artère principale du centre ancien de Thonon-les-Bains. Son tracé remonte au Moyen Âge, période durant laquelle elle portait le nom de « rue du Château » entre le XIIIᵉ et le XVᵉ siècle, probablement en référence au château de Thonon situé à son extrémité sud. Au XVe siècle, elle prend le nom de rue des Augustins, en lien avec l’implantation de l’église Saint-Augustin, dite « des Barnabites », fondée en 1429 à proximité immédiate.
Dès cette époque, la rue joue un rôle central dans l’organisation du bourg. Elle concentre habitations, échoppes et activités artisanales, formant un tissu urbain dense et structuré selon un plan médiéval encore perceptible aujourd’hui. Sa topographie sinueuse, ainsi que sa largeur relative par rapport aux ruelles adjacentes, expliquent son importance dans les circulations internes de la ville.
Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, la Grande Rue conserve cette fonction essentielle, bien que les conditions de circulation restent difficiles. Les récits urbains de l’époque décrivent une voie étroite, souvent encombrée de marchandises, de charrettes, de bottes de foin ou encore d’animaux. Malgré ces contraintes, elle demeure le cœur de l’activité économique locale, concentrant marchés, commerces et échanges quotidiens.
Au XIXᵉ siècle, avec le développement de Thonon, la rue se densifie et se transforme. Les bâtiments gagnent en hauteur (généralement trois à quatre étages) et accueillent de nouveaux commerces en rez-de-chaussée. On y trouve alors une grande diversité d’activités : marchands de vin, épiceries, merceries, cafés, salons de coiffure ou encore petits ateliers. La rue conserve son caractère populaire et animé, tout en restant majoritairement piétonne, et s’inscrit en continuité avec des voies anciennes comme la rue Chante-Coq.
Le XXᵉ siècle marque une période de transformations profondes. Le Square Aristide-Briand, située en plein millieu de la rue, est réaménagé avec la construction de nouveaux batiments, dont l’ancien hôtel des Postes entre 1913 et 1915, ainsi que l’immeuble actuel occupé par le bar « La Régence », construit a la suite de la démolition de l’Eglise des Barnabites.
À la fin du XXᵉ siècle et au début du XXIᵉ siècle, une nouvelle transformation s’opère avec la mise en place progressive de la piétonnisation. Après des expérimentations estivales à partir des années 1990, la circulation automobile est fortement restreinte à partir de 2010. La rue devient alors majoritairement piétonne, bien que certains véhicules autorisés puissent y accéder grâce à un système de bornes escamotables commandées par badge.
La Grande Rue autrefois
Avant début 2010, les voitures pouvaient circuler dans la rue, comme
l’indique cet article du Journal « Le Messager » :
À l’approche de l’été 1996, l’équipe municipale de Jean Denais, élu
l’année précédente, décide de mener une expérimentation. Du 15 juin au
15 septembre, la Grande rue devient piétonne.
Après cette phase d’essai puis un élargissement aux jours de marchés
et du week-end en 2008, l’artère est définitivement interdite aux
voitures le 23 juillet 2010.
Quelques photos datant d’entre 1890 et 1970.