Rue des Granges à Thonon-les-Bains | Thonon Souvenirs
Crédit photos : Facebook « Thonon & Chablais autrefois – Patrimoine Photographique 1870-1970 ». Sources historiques : Archives municipales de Thonon-les-Bains, Archives départementales de la Haute-Savoie, documents d’urbanisme et fonds d’archives locales.
Résumé
La rue des Granges est l’une des plus anciennes de Thonon-les-Bains, liée historiquement au couvent de la Visitation fondé au XVIIᵉ siècle (dès 1637). Son tracé figure déjà sur un plan topographique de 1812. Le site central (25, rue des Granges) fut occupé par les religieuses jusqu’en 1793, puis à nouveau de 1835 aux années 1960. Entre-temps, les bâtiments religieux (école et chapelle Saint-Joseph) furent transformés en caserne militaire (30ᵉ RI) de 1913 à 1922. Le 20ᵉ siècle a vu le démantèlement du vieux bâti (démolition du collège Saint-Joseph vers 1960-62) et la construction, en 1975, de logements sociaux (“Les Chamois” et “La Basilique”) rue des Granges. Aujourd’hui la chapelle historique (25 rue des Granges) sert d’espace d’art contemporain. Les études d’archives municipales (fonds M et T), départementales (fonds Novarina, archives d’urbanisme) et les fouilles archéologiques récentes fournissent l’essentiel des données, complétées par la presse locale et des clichés anciens.
Histoire détaillée
Le nom « rue des Granges » renvoie très probablement à la présence ancienne de dépendances agricoles liées aux institutions religieuses locales. Dès le XVIIᵉ siècle, avec l’installation du couvent de la Visitation, le secteur s’organise autour d’un ensemble structuré mêlant bâtiments religieux, jardins et annexes utilitaires.
Au fil des siècles, la rue devient un axe secondaire mais vivant du vieux Thonon, bordé de maisons anciennes, souvent étroites, avec des façades irrégulières caractéristiques du tissu urbain ancien. Elle relie plusieurs axes importants du centre historique, notamment vers la rue Saint-Sébastien et les zones proches de l’actuelle place des Arts.
Après la Révolution française, les bâtiments religieux sont saisis puis réaffectés, marquant une rupture dans l’organisation du quartier. Le XIXᵉ siècle voit une réutilisation progressive des lieux, notamment avec le retour des religieuses et l’installation d’activités éducatives. Au début du XXᵉ siècle, une partie des bâtiments est transformée en caserne militaire, ce qui modifie encore l’usage du site.
Mais c’est surtout dans les années 1950-1970 que la rue connaît son bouleversement majeur. Dans le cadre d’une politique de modernisation urbaine, une grande partie du bâti ancien est jugée insalubre ou inadaptée. Les démolitions s’enchaînent, effaçant progressivement le tracé et l’ambiance historique de la rue.
Le quartier de la Rénovation remplace alors cet ancien tissu urbain, avec des immeubles modernes et une organisation totalement repensée. Cette transformation radicale rend aujourd’hui difficile la lecture de l’ancienne rue des Granges, dont il ne subsiste que peu de traces visibles, en dehors de certains bâtiments conservés et des archives photographiques.
La Rue des Granges autrefois